Le Berliet GPE4

Camion leveur porteur (12 / 14t)

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LE KIT.

 

Il existe 2 kits de ce véhicules au 1/35, chez Azimut et chez Wespe. La différence entre les 2 ? Le prix. En effet il s'agit rigoureusement du même kit, même moulage, mêmes pièces. Je possède les 2 boîtes. Chez Azimut, il manquait des pièces dans ma boîte (et non des moindres...), le portique était inutilisable (moulage POURRI !), et j'ai trouvé une planche de photodécoupe d'un... Steyr Azimut !!?!??

Le kit Wespe avait toutes ses pièces. A noter 2 pneus au dessin différent, comme cela s'est vu sur des photos publiées depuis par Pascal Danjou dans Trackstory ou HGBM.

Point commun aux deux boîtes: un moulage très moyen, pas mal de pièces cintrées, et surtout une interprétation très libre du système de levage, aux limites de la magie pour ce qui est de la reproduction des fixations des pièces entre elles. Je ne suis pas sûr qu'ils aient bien compris comment le levage se faisait...

On verra comment ça marche plus tard. Je pense (rien ne me le prouve) que l'auteur du master s'est fortement inspiré du GPE3, voire du GPE2, dont curieusement on connait plus de photos que du GPE4. La photo mise sur la notice montre d'ailleurs un GPE3.

Sur le kit présenté ci dessous (j'ai choisi l'azimut), les modifications sont en blanc et de 2 ordres: les pièces à refaire, et les pièces à faire.

A refaire, un réservoir (manquant), les caissons à outils (manquants), le portique (tellement déformé qu'il a fallu l'euthanasier).

A faire, les poulies, treuils divers, système de fixation des rampes de levage, chèvres du portique (indiquées comme étant à faire en fil de fer). D'autres pièces faisant partie de lot de bord seraient à faire également, mais j'avoue en avoir eu assez et j'ai préféré les ignorer. De toutes façons, ça m'étonnerait que quelqu'un s'en aperçoive ;-)

J'ai fait également les joues du capot moteur, pour le cacher: quand je regarde le moteur du GPE4 et celui proposé dans le kit, j'ai du mal à voir un rapport, tout au plus un vague air de famille...

Ce kit n'est donc pas facile à réaliser, voire décourageant; mais on est largement récompensé par l'originalité de la chose. A choisir, vaut mieux prendre le kit Wespe qui sera certainement, lui, complet, et de toute façon environ 25% moins cher que l'Azimut, port compris.

 

Le principe du levage.

Le levage est une opération plutôt compliquée, jugez en.

Il faut tout d'abord monter les deux chèvres à l'arrière.  Ces chèvres vont servir à relever le portique grâce à un système de poulie (absent du kit) jusqu'à ce que ce dernier puisse être maintenu par les bras placé au dessous. Une fois ces bras fixés, les chèvres sont démontées. Ce sont les bras qui, par une sorte de vis d'Archimède située sur les côtés et à l'intérieur du plancher, vont ensuite prendre le relais jusqu'à ce que le portique se trouve à environ 45° par rapport au sol, à l'arrière de la plateforme. Les béquilles de soutien situées au dessus du portique se mettent en place par gravité.

 Là le véhicule est accroché et soulevé par les manilles ou autres fixations. Puis la manoeuvre se fait dans l'autre sens: les bras ramènent le portique, posent le véhicule, et on remonte les chèvres pour rabattre ce portique. En d'autres termes les chèvres lèvent et rangent le portique, qui lui soulève les engins à emporter.

Pour éviter que le camion ne s'affaisse, des béquilles sont installées à l'arrière de la plateforme; elle ne ressemblent en rien à celles du kit, on se basera pour les réaliser sur les photos de Pascal Danjou parues dans HGBM N°75 page 62 ou dans le Tracstory n° 5, page 22. A noter que lors de la manoeuvre, des cales de bois à placer sous ces béquille et d'autres en acier à placer derrière les roues sont utilisées; elles ne sont pas dans le kit.

Sur la première des photos ci contre (source Ebay), les chèvres ont été déposées sur le côté, les bras sont en action; la UE est en train d'être mise sur la plateforme: c'est la fin du processus. Sur la seconde on voit bien comment les grandes béquilles de support se sont mises en place.

Des rampes sont également disponibles, mais leur utilisation reste pour moi mystérieuse. Je les ai donc omises, surtout qu'elles m'ont l'air des plus fantaisistes. Je me base pour cet avis sur les plans d'autres rampes, mais ilest vrai que je n'ai pas de documentation pour celles là spécifiquement.

 

 

 

 

 

Le kit terminé. Tous les éléments en blanc sont cités dans le texte. Les roues ont besoin de voir leurs bords arrondis. Le plus délicat a été de refaire le "fer à cheval". Il eût été plus simple de le trouver correctement moulé :-( Le châssis est juste. La timonerie l'est moins, mais on ne voit plus rien une fois le kit fini. Quelques ajustages sont nécessaires au niveau de la cabine. Le réservoir manquant a été refait en prenant le premier comme patron.
Les photos de P. Danjou montrent une calandre différente de celle jusque là connue, et concernant les GPE3. J'ai pris la liberté de considérer qu'il s'agissait d'une évolution de série sur les 29 camions livrés jusque l'armistice. J'ai choisi de refaire les joues du capot pour masquer le moteur. Les photos que l'on trouves des GPE2 et 3 montrent le camion avec; la série de P. Danjou le montre sans. Moi je les ai mises... La cabine est relativement juste. J'ai simplement refait le jeu de pédales. Les leviers de commande sont également justes. La cabine est peinte avant d'être refermée. Sacré engin...
L'arrière est détaillé selon les photo publiées, citées plus haut. J'ai laissé les chèvres montées; ce n'est pas la procédure du manuel, mais les photos les montrent de la sorte. Notez aussi les béquilles arrière. Illustration: ici on est au moment où les chèvres maintiennent le portique pour placer les bras de force. Les béquilles de support commencent à se mettre en place, par gravité. Elles ne peuvent descendre si on laisse les chèvres en place.
Les roues de secours et le support du crochet seront installés après peinture. Peinture: vert français, suivant la "notice pour le camouflage par peinture des véhicules automobile de combat" de 1940. C'est du vert, quoi. Pas de leçons à donner, avec cette notice... Puis salissures, coulures, jus, tout ce que vous voulez pour la patine, chacun sa patte.
Les câbles sont ensuite installés, puis peints en noir. Ils sont rigidifiés à la cyano. L'immatriculation est faite avec des décals Miniprint. Le nombre est inspiré de la fameuse série de photos. Idem pour le triangle de remorquage. Des voiles de poussière sont pulvérisés, puis patinés. On n'oublie pas les réservoirs, bien beurk beurk. La plateforme est tachées, salies, graisses, huiles, etc. On y mettra plus tard de la boue, lors du placement éventuel d'un char.

Au final, un magnifique engin, très impressionnant au 1/35è. En comparaison et pour le fun, j'y ai placé une P178 du 6è Cuirassier. Il est vraiment gros, ce camion !