Faire ses ruines...

Pas si dur que ça !

Accueil | Kits | Dioramas | Trucs

Faire des ruines. Un des meilleurs moyens est d'en acheter. C'est vrai qu'il y en a de superbes sur le marché, mais ce qui me gêne, c'est qu'on les retrouve un peu trop souvent sur les dios du voisin. J'aime bien me demander, quand je regarde un diorama, "mais comment il a fait ça, lui ?"

Alors, les ruines, autant s'y essayer. Ce n'est pas si dur, et on ne trouve que de l'original.


Par moulage.

Dans un premier temps, faites un schéma rapide de ce que vous voulez. Pour l'échelle, je me sert d'une figurine, qui me donne les proportions de la porte, puis la hauteur et la taille des fenêtres. Une fois cela fait, je retrace le contour du mur à l'aide de carton épais, sur lequel un pli est fait à l'aide d'un cutter (entamez le carton, ne le coupez pas). Les illustrations ci contre vous aident à mieux comprendre le système (dessins réalisés par Tomi Mynttinen).

Il est important que les bandes de carton servant à délimiter le contour aient la même hauteur, pour éviter des épaisseurs inégales.

Les bandes sont ensuite fixées sur une plaque de formica (le plâtre n'adhère pas dessus) à l'aide de scotch (hips). Pour les fenêtres, le pli du carton doit se situer vers ce qui sera la partie en verre de la fenêtre (sinon le plâtre moule le pli, et c'est pas beau).

Puis le moins drôle: comment faire apparaître en relief les appuis de fenêtre, les parties d'enduit laissant apparaître les briques ? Je réalise donc une empreinte en carton épais que je place dans le moule. Dans cette empreinte, je découpe les parties qui seront en relief. Ainsi, lorsqu'on démoule le tout, le plâtre a coulé dans les découpes, créant des reliefs.

Il ne reste ensuite qu'à couler le plâtre, pas trop liquide.

Vous trouverez des similitudes avec la méthode décrite dans le HS de Steel sur Goodwood, ce qui me semble assez normal: comment voulez vous faire autrement, en utilisant les moulages ? ;-)
Je n'ai pas l'ego assez surdimensionné pour vouloir faire croire que j'ai inventé cette technique; elle est le fruit d'essais plus ou moins fructueux, de lectures diverses et de conversations au coin des expos...
Sachez prendre et laisser, essayez d'améliorer et de tester par vous même. Je n'ai pas mis de côtes dans cette optique.

D'abord je délimite les zones. En pointillés, le tracé des murs et celui (rectiligne) du trottoir. Le char sera au premier plan. Pour la disposition des murs, l'idée m'est venue en voyant ce type de construction dans la réalité. Le tracé des murs est fait sur une grande planche de formica, car très lisse et plat. Une autre construction (qui avait été faite sur plans) est placée à côté, juste pour avoir une idée des proportions. Elle est en carton plume recouvert d'enduit, mais c'est une autre histoire.

Tous les murs (3 en fait) sont tracés au crayon gris et à l'équerre. Du soin !

Des bandes de 1 cm sont découpées dans du carton plume de 1cm d'épaisseur. Ces bandes vont servir à fabriquer le moule. La façade de la maison est faite en utilisant une figurine comme gabarit. a porte est une production en résine de Custom Dioramics, j'ai acquis une de ces boîtes pour vraiment rien il y a longtemps, et j'ai opté ici pour la facilité. Les bandes grisées marquent les futurs reliefs.
Sur le dessin de la façade (sur le formica), je place une feuille de carte plastique de 0.5mm, sur laquelle je redessine la même façade. Le plus important est ici marqué par les flèches: les futurs reliefs. Ces futurs reliefs sont découpés dans la carte plastique, afin de créer une dépression que viendra remplir le plâtre, moulant ainsi les reliefs. On pourrait aussi à ce moment faire d'autres zones, inégales, qui représenteraient des parties d'enduit tombées et sur lesquelles on viendrait graver des briques; si on voit des briques, ce sont celles sous l'enduit, non ? Donc on ne peut graver les briques sur le même plan que l'enduit... observez donc les vieux murs autour de chez vous ! Pour le pignon, outre lesdits reliefs, j'ai choisi de faire un oeil de boeuf, que l'on rencontre très souvent dans le Nord, zone où se situera le futur diorama. Pour le rebord, un emporte pièce (acheté au camion, vous savez, ces vendeurs d'outillage ambulants) sert à la dépression, l'oeil de boeuf en lui même sera fait avec un morceau de carton plume découpé en cercle. Puis vient le moment de "boucher" ce qui sera les fenêtres, la porte. Deux solutions: le carton plume (ici pour les fenêtres) ou un coffrage en carte plastique (ici la porte). Je vous conseille la carte plastique si vous faites une ruine, dont les murs seront visibles des deux côtés; c'est plus facile de faire un coffrage régulier et donc de lisser le second côté une fois le plâtre coulé.
Le coffrage du pignon est terminé. Les bandes de carton plume sont collées au pistolet à colle. C'est assez costaud, et étanche. Idem pour la façade. Détail sur l'oeil de boeuf. Le plâtre est gâché. Attention au mélange, il faut y aller à tâtons pour trouver les doses correctes.
On coule le plâtre, en commençant par le bas, puis vite vite on tapote la planche de bois par en dessous avec un marteau afin de faire partir les bulles d'air. Le mélange est trop épais, on le voit bien. Il a séché trop vite, je n'ai pas eu le temps de chasser les bulles d'air. On verra...
Les flèches montrent les futures ouvertures.
Pour le pignon, c'est le contraire, trop liquide ! Voyez les bulles d'air (flèches) qui ont remonté à la surface. Faudra faire attention, le moulage sera plus fragile, et surtout plus long à sécher. Une nuit de séchage, et voilà le résultat. Les flèches montrent les reliefs, mais la façade a cassé. Pas de problème, ça se colle très bien à la colle blanche lorsque c'est bien sec. On ne verra plus rien. Un renfort est prévu (pointillés) pour la fenêtre. Et vous savez quoi ? Je me suis trompé de sens ! Bôf on verra bien...
Les murs sont assemblés à la colle à bois. Il faut que le plâtre soit bien sec. Des renforts (flèches) en carton plumes sont ajoutés. Les murs sont mis d'équerre, les parties cassée vont être recollées. Maintenant, les joints. Ils sont effacés avec de l'enduit mural (pas de plâtre), très fin et assez "gluant" (marque Leroy Merlin pour ne pas la citer). Je l'applique à l'aide d'un vieux couteau. Il faut aller partout, même dans les recoins. On en profite pour masquer les fissures des parties qui se sont cassées au démoulage.
Pendant que les murs sèchent, j'applique les sections pavées. Ce sont des moulages d'une plaque en résine (je ne me souviens plus  de la marque, c'est trop vieux !) La bâtisse est placée, pour voir ce que donneront les trottoir. Elle est ici bien mise, ne vous laissez pas avoir par l'illusion d'optique. D'autres renforts sont ajoutés, afin de soutenir les murs entre eux; les deux cercles du haut montrent les cure-dents qui maintiennent le petit muret. Les trous sont fait à la mini perceuse. Puis à l'aide de l'enduit, les joints des pavés sont bouchés, au doigt.
Une fois poncé, on ne voit plus rien. Remarquez la différence de texture entre la partie supérieure et la partie inférieure du mur. Le moulage a été fait sur de la carte plastique, n'oubliez pas, alors c'est lisse ! Pour retrouver une texture conforme à un revêtement mural, je brosse tous les murs avec une vieille brosse à dents, par des mouvements circulaires. Ne griffez pas ! Puis il faut regraver les pavés. J'utilise une pointe à tracer..  Fini !
Le trottoir sera fait en carton plume. Il est découpé, et ajusté. Pour faire adhérer l'enduit, je préfère enlever le papier, d'autant que je vais avoir besoin de poncer le trottoir. On tire dessus délicatement. S'il vous arrive ce genre de désagrément... ...utilisez un cutter.
Voilà! Puis le trottoir est poncé afin de lui donner un aspect incliné vers la route, comme on le voit sur la photo. Comme le muret sera l'amorce d'un garage, je ponce aussi pour les passages de roues.

Pour tout dire, c'est ce cliché qui m'a inspiré la saynète.

L'enduit est appliqué comme pour les murs. Puis la phase longuette: on grave les pavés du trottoir. J'ai passé pour cette malheureuse section près de 4 heures. Les pavés du trottoir sont légèrement différents de ceux de la route. C'est ce qu'on voit dans mon coin, quand il en reste de ces pavés...
Pour faire le toit, je prépare le plan avec du carton assez épais. Il sera recouvert d'ardoises, chose fréquente dans la région du Nord où se passe la saynète. Les volets de la maison sont faits en feuille d'alu. J'ai trouvé ça à l'école, c'est fait par Nathan qui nomme ce produit "feuille d'alu demi dur". C'est tout ce que j'ai trouvé comme référence... Pour simuler les persiennes de ces volets en fer, j'utilise un tournevis avec lequel j'imprime les marques. C'est sur cette photo fait à gauche, pas encore à droite. Les volets sont mis en place, pour voir. Le volet roulant est aussi en feuille d'alu, les reliefs sont gravés à la pointe sèche.
La tôle ondulée du toit du garage annexe. Feuille d'alu, prise en sandwich dans un "moule" constitué de cure dents. Les deux planches sont les mêmes, on place l'alu, on presse, et hop. C'est pas de moi, j'ai vu ça dans un Military Armor. Le garage annexe. Le volet roulant est en carton ondulé. Une fois les petits détails terminés, peinture. Acryliques Prince August. Je ne vous donne pas les références, je n'en vois pas l'intérêt. Faut faire crédible, pas recopier, chercher, trouver son style. La façade du magasin est faite en divers profilés de balsa. C'est de la récup' d'un vieux planeur de ce bois, jamais construit et acheté pour trois fois rien sur une brocante. Le panneau EPICERIE est fait sur ordinateur, imprimé sur papier photo, tout comme la pancarte "fermé".
La pub Byhhr est faite avec un pochoir, imprimé puis soigneusement découpé au cutter. L'encadrement noir est au feutre. Puis ce n'est que patine, bcp de pastels. Les barreaux à l'oeil-de-boeuf et sa condamnation s'inspirent de chez mon grand père (salut papi!). Les diverses pubs sont scannées dans le N°13 de Steel Masters, puis imprimés et collés sur carton. De la cyano est utilisée pour rendre l'effet de l'émail de ces plaques. Divers tons sont utilisés pour les pavés, patinés ensuite avec des pastels orange et marron, voire noirs. Le lampadaire est fait à partir de tubes, profilés et autres rondelles plastiques.

 

Par plaque de plâtre.

Alors tout d'abord ce dont nous avons besoin: un bout de placo (ici épaisseur 10mm, trouvé sur un chantier, coût 0); de l'enduit mural (allez, 3 euros chez Leroy Merlin); du carton assez épais (1mm, trouvé au fond d'une armoire, coût 0); du papier épais genre Canson (chipé à ma fille, coût 0 ou plutôt un "GggrrRroOouUuumMmfFfF" de sa part); et pour finir les divers outils habituels, que nous verrons au fur et à mesure de cette page.
Ah j'oubliais le plus important: du temps...

Etape n°1. Des gabarits en carton fort sont découpés. Ils seront reportés sur le placo. Puis les ouvertures sont découpées directement à l'aide d'un gros cutter (dans le placo). Si ça casse ce n'est pas trop grave (m'étonnerait que ça ne casse pas !), il suffit de recoller à la colle à bois (au moins 5 cassures, pour ce projet). Puis la maison est assemblée, à la colle à bois toujours. Pour assurer une meilleure solidité, je mets des chevilles en bois (des cure dents) dans des trous que je fais avant l'assemblage. Je ne suis pas trop soigneux, il y a des trous, des cassures, fentes, etc. Tout sera caché plus tard.

Etape n°2. Afin de réaliser les diverses moulures que l'on trouve sur les murs, j'utilise du carton fort et du papier épais. Des bandes sont découpées aux dimensions voulues: contours de portes, appuis de fenêtres, moulures aux angles de la maison, et au niveau de l'étage. Ces bandes son collées sur le placo, à la colle à bois. Puis une fine couche d'enduit est passée sur le tout (je vous avais bien dit que ce n'était pas grave si ça cassait, à l'étape 1 !), à l'aide de l'outil blanc que vous voyez sur une des photos (sur cette photo, l'enduit est déjà sec, il ne s'agit que d'une illustration). Il faut bien délimiter les moulures, tout en recouvrant ces mêmes moulures; comprenez que le papier et le carton sont eux aussi recouverts. Profitez en pour jouer au plaquiste: bouchez les éventuelles fentes ou trous, raccordez les angles correctement.

Etape n°3. Les zones ("1" sur la photo) qui sont destinées à représenter l'enduit tombé ou dégradé doivent montrer ce qu'il y a dessous (logique !), ici des pierres. Il faut donc que le mur soit en sur épaisseur par rapport aux pierres (logique !!) ou, comme vous voulez, que les pierres soient plus "profondes" que la surface du mur (logique !!!)
Ces zones sont donc dessinées avec du papiers épais (donc pour notre photo exemple, des bouts de papiers ayant la forme des zones marquées "1" ont été découpées), et ces papiers sont placés sur l'enduit (après séchage, évidemment). Puis je ré enduis le tout, exactement comme la première fois, à part qu'il y a des "zones 1" placées où je veux voir apparaître des pierres.
Une fois l'enduit étalé correctement, j'enlève tout de suite les "zones 1" de papiers, et, logique suprême, à la place il y a... une zone en creux. Voyez la sur épaisseur sur la photo avec les flèches blanche.

Etape n°4. On nettoie. Les angles sont affinés au papier de verre, les moulures également, les murs aplanis; les ouvertures mises d'équerre à la lime plate. Attention poussière ! Il vaut mieux faire ça dehors, Madame crie fort quand elle veut... ;-)

Etape n°5. Les fameuses "zones 1" sont gravées, à l'aide d'une pointe.

Voilà ! Pas bien compliqué, mais assez long (l'enduit est long à sécher) et salissant (bouh la poussière !!)

Pour les carrelages, j'utilise des moules récupérés dans un vieux bureau (mais à quoi ça servait, ces machins là ????)

A suivre...